08 mai 2007

Ségolène manque de voix ... mais pas d'air

Eh oui, elle ne manque pas d'air, Ségolène. Quel culot !  Pour qui aurait   ignoré les résultats des élections, dimanche soir, à 20 h 05,  l'arrivée  triomphante de la candidate  pouvait laisser croire qu'elle avait gagné.  Quant à ses propos, aucune auto-critique ! Quoique perdante-perdante,  Ségo, son  ego et son fichu caractère dont se plaint même  son entourage lui ont forgé une carapace qui la rend imperméable à toute remise en cause d'une campagne que certains, parmi ses amis, jugent  pour le moins "maladroite" et trop perso. Le pire échec de la gauche depuis des décennies, si l'on oublie  le cas très particulier du 21 avril 2002.

Ségolène était pourtant  rayonnante : il y a bien des raisons à cette jubilation. En faisant cette déclaration précipitée devant des militants et électeurs criant "Merci, Ségolène", elle coupait l'herbe sous le pied des  éléphants qui souhaitent préserver leur trompe dans le Parti et à tous les membres du Parti qui n'avaient guère apprécié  le coup médiatique de sa fulgurante  et imprévisible ascension.

J'y vois une autre raison : malgré son orgueil  qui n'a rien à envier à  celui son adversaire, et paradoxalement, je pense qu'elle était soulagée de ne pas être obligée d'assumer la fonction suprême. Elle  est au fond  suffisamment  intelligente pour se rendre compte de son incompétence  actuelle en qualité de chef d'Etat. Elle conservera son statut  de Sainte Geneviève investie d'une mission qu'elle n'aura pas besoin d'accomplir. La belle n'aura rien  perdu de son  charme, ni son programme de son mystère.

Mes amis, qui ont majoritairement voté pour elle, opposaient à mes arguments sur l'incompétence manifeste de la candidate le fait qu'elle serait bien entourée. Ah oui ? Par qui ? Strauss-Kahn ? A entendre ses récentes  ( et à mon avis judicieuses ) déclarations, on aurait eu droit à de spectaculaires conflits internes. La cohabitation au sein même du parti au pouvoir !  Fabius, le néo-bobolchévique ? Vous rigolez ! Jean -Marc Ayrault ? Arrêtez, j'ai des gerçures ! ! Comment gouverner avec un conglomérat qui rassemble des opinions aussi incompatibles,  qui vont de  celles des bornés de l'extrême-gauche aux plus réalistes des socio-démocrates  de l'aile centriste.

 Une chose est sûre : il y aura plus de cohésion et de cohérence dans le gouvernement de Sarkozy.  Avec un électorat qui a voté essentiellement POUR et non pas CONTRE. 

 Aux dires même des observateurs des Instituts de Sondages, la moitié des électeurs  pro-Ségolène ont voté contre le grand méchant loup et non pas pour le programme de la candidate.  

En somme, Mme Royal  ne représente qu' un peu plus de 8 millions d'électeurs ayant  adhéré à son projet.

Vraiment pas de quoi pavoiser !