02 octobre 2008

Hypertrophie ombilicale

 

Hypertrophie

 

ombilicale

 

pages livre d'automne © Softkey Cliparts

   Le monde de l'édition serait-il aussi victime de l'effet de serre, puisqu’ en toutes saisons,  les feuilles mortes d'écrivains  improbables se ramassent à la pelle ?

   Disons plutôt d’un effet de servitude aux tics et modes littéraires.

 

   Un critique  malicieux  du  "Masque et la Plume"   a cité naguère cet extrait d’un  "produit  littéraire" mis sur le marché par  Florian Zeller, lequel fait dire à son héros ( héraut ? ) : 

 "J'écris les yeux fermés, c'est comme ça que je suis le plus inspiré"  

 

   Voilà qui rend bien compte d'une certaine littérature qui sévit actuellement  dans le petit monde romanesque français.  Les " yeux fermés ", d’abord,  sur un véritable style.   Si le  "degré zéro de l’écriture"  n’avait déjà servi dans une autre  acception  pour un autre usage,  il qualifierait assez bien cette propension au néant littéraire.

 

   Quant à l’inspiration !   Que d’ yeux clos sur tout ce qui n’est pas exaltation de l’hypertrophie ombilicale… L’exaspérantissime Angot fait des émules.  Que d’égos-centriques  (sans trique ?) et sans talent. Et parmi les cent millions de livres qui échouent chaque année en France dans cette poubelle de l’édition qu’est le pilonnage, combien de ces   écrits vains ?

 

   Il n’est donc pas  étonnant que les gourmets  se surprennent parfois  à manquer d’appétit en présence de mets formatés, voire  frelatés,  proposés aux lecteurs. On suspecte légitimement, comme dans les gargotes à la carte trop longue, la qualité ou la fraîcheur des plats.

 

Je suggère donc de (re) lire  de temps en temps quelques bons vieux  "classiques"  afin de garder intacte notre gourmandise littéraire, à l’écart des  têtes de gondoles.  (***)

 

 


 

 

Tout à l'égo *

 

©-Charlie B-db38 © ? (reçu par courriel)

 

     On peut  par ailleurs observer, au  cours de  certaines soirées (pas nécessairement  mondaines)  une propension de l' ego  à squatter  pesamment le terrain de la conversation  : il est des convives  redoutables qui  se contentent d'asséner des considérations sur leur propre existence, des  récits qu'eux mêmes  connaissent par coeur, et qu'ils ont dèjà racontés cent fois.  Même si, dans le meilleur des cas, ce qu'ils racontent est intéressant,  voire amusant, ils quittent l'assemblée  en n'ayant  strictement rien appris des autres, après ce long monologue narcissique.

     Les mêmes qui,  aux aguets, sans  vous écouter vraiment,   s'empressent  de rebondir sur une de vos phrases en disant : "C'est comme moi",  pour court-circuiter votre   parole et  vous imposer  le tunnel interminable de leurs propres anecdotes.

     Les mêmes qui ensuite affirment avoir passé une excellente soirée, alors qu' elle ne fut que stérile  complaisance envers ce "tout à l'égo" * qui pollue bon nombre de relations humaines...

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 ( *cette  excellente  formule est le titre d'un livre de Tonino Benacquista).

 

 


  Quelques-unes de mes lectures récentes et moins récentes, 

 que je vous recommande :

 

"L'arrière saison"  de Philippe Besson (roman remarquable  inspiré par une toile de Hopper)

 "Soie" d'  Alessandro Baricco

"Venise est un poisson" de  Tizano Scarpa

"Neige" et "l'Apiculteur" de Maxence Fermine (dont je fus un des premiers "lecteurs" et "correcteurs",  puisque  c'est un de mes anciens élèves).

"Une vie française"  de  Jean-Paul Dubois (un des meilleurs romans lus ces dernières années)

"Crissements sur le tableau noir" de Philippe Delepierre  (déconseillé aux profs déprimés )

 "Petite philosophie de l'amour d'Alain de Botton

"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" , excellent polar de Stieg Larsson

"Le silence des survivants" , autre très bon polar d'Andrea  A Japp (tous ses polars sont à lire !)

"Beau monstre" de Peter Robinson (encore un excellent polar et excellent auteur)

"Mourir d'enfance" d'  Alphonse Boudard

"Mystic River" de  Dennis Lehane (roman remarquable, à lire même si [surtout si] on a apprécié le film) 

"Sans préméditation"  d' Hubert Montheillet

"Le goût des femmes laides " de Richard Millet

"Verre cassé"  désopilant recueil de nouvelles de l'écrivain congolais Alain Mabanckou

"Histoires du plaisir d'exister de Jean-Pierre Otte   (  autre recueil de nouvelles savoureuses)

  "Un homme sans tête" d' Etgar Keret (nouvelles  étranges et humoristiques)

"Incertains désirs" de Denis Tillinac

 Et des essais :

"Préjugés et paradoxes"  de    Nicolas Grimaldi  (  indispensable :  au moins une idée originale  par page  ! )

"La désinformation par les mots" de   Maurice Pergnier

"Domestiquer les émotions"  de  Monique de Bonis

"Elèves sous influence" de Barbara Lefèbvre et Eve Bonnifard ( dénonciation , preuves à l'appui, de la  sournoise propagande politique  des manuels d'histoire... des profs qui les rédigent... et  du bourrage de crâne de ceux qui l'enseignent).

"Au fond du labo à gauche" d'  Edouard Launet  (désopilant  : les expériences  scientifiques les plus farfelues)

"Emois et moi" de Dominique Chapot

"Juke box and co"  de Yann de l'Ecotais

 "Diconoclaste" de Jean-Loup Chiflet

"A dormir debout"  de Patrice Louis

"Les tabous de l'Histoire"  de Marc Ferro

"Baisers, chatouilles et autres petits riens"  d' Adam Philips

"De source sûre" de Véronique Campion-Vincent (à propos des  "nouvelles rumeurs d'aujourd'hui")

"Moralement Correct" et "Historiquement correct"  de  Jean Sévilla

"Roues carrées" de Philippe Muray

  etc...

(Si cela vous intéréresse, le "et cætera " pourra faire l'objet d'un autre billet)